Startup ou entreprise traditionnelle ? La différence n’est pas évidente, et parfois même la classification est incertaine. De plus, il existe également une phase de démarrage, qui est souvent confondue avec la startup en tant qu’activité entrepreneuriale. Clarifions tous ces concepts et définissons la signification de chacun.
Définition de la start-up, dans la législation et au-delà
Les start-ups sont essentiellement :
- créées à partir de zéro ou n’ayant pas plus de 5 ans d’existence,
- offrant un produit ou un service à haute valeur technologique,
- ont un contenu fortement innovant, entendu comme : un investissement important dans la recherche et le développement (au moins 15 % du rapport entre le chiffre d’affaires et les coûts annuels), une main-d’œuvre composée d’au moins 1/3 de doctorants ou 2/3 des associés ou collaborateurs titulaires d’un master, ou encore la possession d’un produit breveté.
L’État accorde des avantages aux activités qui répondent à ces critères, tels que l’exonération de certaines taxes et une plus grande flexibilité dans la gestion des employés.
En réalité, la signification du terme « startup » est beaucoup plus large que celle prévue par la loi. Une startup n’est pas telle en raison de sa technologie, mais en raison de son innovation, de son modèle commercial et de ce qu’elle offre.
Parmi les définitions fournies par les principaux acteurs du secteur, nous trouvons que la start-up :
- est une organisation temporaire à la recherche d’un modèle commercial reproductible et évolutif (Steve Blank),
- offre de nouveaux produits ou services dans des conditions d’incertitude extrême (Eric Ries),
- est conçue pour croître rapidement (Paul Graham).
Les caractéristiques fondamentales d’une start-up
Approfondissons certaines des caractéristiques que nous avons vues dans le paragraphe précédent et qui constituent l’essence même d’une start-up.
- Modèle commercial évolutif : une start-up est capable de croître de manière exponentielle, même en utilisant peu de ressources ou en tout cas sans être influencée par la rareté des ressources.
- Modèle commercial reproductible : chaque activité a un modèle commercial, c’est-à-dire sa propre logique selon laquelle elle s’organise et offre ses produits et services. Celui des startups peut être reproduit dans différents pays, dans des contextes et à des moments différents, sans nécessiter de modifications importantes.
- Approche par essais et erreurs : dans les startups, plusieurs essais et erreurs sont effectués avant de trouver le modèle commercial et la stratégie idéaux. Il s’agit d’une méthode expérimentale qui demande du temps et des efforts. À l’inverse, les entreprises traditionnelles ont tendance à mettre en œuvre un modèle déjà consolidé et éprouvé, sans aucun bouleversement.
- Composante innovante : la start-up est innovante dans sa manière d’aborder les clients. Deux possibilités s’offrent à elle : ce qui importe donc, ce n’est pas l’innovation technologique, mais la capacité à se positionner sur le marché d’une manière nouvelle et différente.
- elle répond à un besoin qui n’est encore satisfait par personne d’autre,
- elle répond à un besoin déjà satisfait, mais d’une manière totalement différente de tous les autres.
- Temporalité : l’idée d’une start-up est née pour avoir une durée limitée dans le temps ; en effet, étant évolutive, elle devrait rapidement se transformer en une grande entreprise.
La phase de démarrage d’une entreprise
Votre nouvelle activité ne présente pas les caractéristiques que nous avons énumérées dans le paragraphe précédent ? Il s’agit alors d’une entreprise traditionnelle.
Pour autant, vous ne devez pas considérer le terme « startup » comme totalement étranger à votre cas. En effet, « startup », dans son acception de « phase de démarrage », désigne également « le lancement d’une nouvelle activité et la période pendant laquelle une entreprise, quelle qu’elle soit, voit le jour et est lancée ».
La phase de démarrage est celle où :
- vous analysez le marché potentiel, formulez le modèle d’entreprise et recherchez des bailleurs de fonds et des investisseurs qui vous permettront de soutenir financièrement l’ouverture et le démarrage de l’activité, toutes opérations que nous avons décrites dans les chapitres précédents ;
- vous accomplissez toutes les démarches administratives nécessaires à l’ouverture d’un numéro de TVA ;
- vous êtes « aux débuts », avec tout ce que cela implique :
- une équipe réduite,
- des employés et des fondateurs qui alternent leur engagement dans la nouvelle activité avec d’autres emplois,
- une flexibilité dans les tâches, la communication et les processus.
En résumé, le terme « startup » peut désigner deux situations :
un type particulier d’entreprise caractérisé par un modèle commercial évolutif, reproductible et inédit, et doté d’une forte propension à l’innovation ;
dans son acception de « phase de démarrage », le lancement et la phase embryonnaire de toute nouvelle activité.
Qu’il s’agisse d’une startup innovante ou d’une entreprise traditionnelle, votre nouvelle activité doit être encadrée par l’une des formes juridiques reconnues par l’État. Il est important de faire ce choix, car il a des implications juridiques et financières importantes, comme le montant des impôts à payer. Le chapitre suivant vous aidera à décider quelle forme juridique convient le mieux à votre idée d’activité.
Ce guide est terminé. Vous avez appris à évaluer votre idée d’entreprise, à déterminer si elle peut être gagnante ou non. Vous avez également bénéficié de quelques conseils pour concevoir votre nouvelle activité, même en période de crise et avec peu de moyens. Enfin, vous avez découvert certains outils fondamentaux, tels que le business plan, et des définitions, comme celle de startup.








