Le Tao de la physique revient en librairie dans une nouvelle édition mise à jour. L’essai de Fritjof Capra explore depuis cinquante ans les parallèles surprenants entre les découvertes de la physique moderne et la sagesse des philosophies orientales.
Imaginez un physicien théoricien qui, au milieu des années 70, déclare que les réponses aux questions ultimes sur la matière ne se trouvent pas seulement dans les grands accélérateurs de particules, mais aussi dans d’anciens textes de mysticisme oriental. Cela ressemble au début d’un livre New Age, mais c’est l’histoire vraie de Fritjof Capra et de son ouvrage « Le Tao de la physique », un essai qui, 50 ans après sa première publication, revient en librairie dans une version revisitée et avec un message, si possible, encore plus bouleversant.
Fritjof Capra, né à Vienne en 1939, n’est pas un philosophe qui s’est tourné vers la science. C’est un physicien au parcours irréprochable. Après un doctorat en physique théorique à l’université de Vienne, il a consacré des années à la recherche sur la physique des particules et la théorie quantique dans des centres universitaires et de recherche prestigieux, de Paris à Stanford. C’est précisément depuis cette position privilégiée qu’il a commencé à voir des fissures dans le paradigme mécaniste classique et à remarquer des similitudes surprenantes avec la pensée hindoue, bouddhiste et taoïste.
Le livre est né d’une révélation eue sur une plage californienne en 1969 : « J’étais assis au bord de l’océan un après-midi de fin d’été, je regardais les vagues avancer vers le rivage et je sentais le rythme de ma respiration, quand soudain j’ai pris conscience que tout l’environnement qui m’entourait était engagé dans une gigantesque danse cosmique… ». Une révélation qui ouvrira la voie à des années de recherches et d’approfondissements, et qui conduira Fritjof Capra à établir un parallèle précis entre les connaissances de la physique moderne et celles du mysticisme oriental. L’auteur en arrive ainsi à soutenir que, bien qu’issues de contextes culturels et méthodologiques très différents, la science et la spiritualité convergent vers une vision unifiée, dynamique et interconnectée de la réalité.
Cette « danse » est devenue sa métaphore clé. Pour les physiciens, c’est la danse des particules subatomiques, un tourbillon incessant d’énergie dans lequel les particules se créent et s’annihilent, émergeant du vide et y disparaissant. Pour les mystiques orientaux, c’est la danse du dieu Shiva, symbole d’un univers jamais statique, un flux perpétuel de création et de destruction qui constitue l’essence même de la réalité. Deux langages différents pour décrire la même chose : une réalité qui n’est pas faite d’« objets » séparés, mais de relations, de schémas dynamiques et interconnectés.
Mais s’agit-il seulement d’une métaphore suggestive ou y a-t-il plus ?
Cinquante ans plus tard, dans une nouvelle préface et deux essais inédits, Capra répond lui-même à cette question. Dans la postface consacrée à La nouvelle physique, Capra réfléchit à la manière dont les théories et les avancées scientifiques des dernières décennies – de l’intrication quantique à la découverte du boson de Higgs – contribuent à renforcer les intuitions qui sous-tendent son ouvrage.
Dans le post-scriptum qui clôt l’ouvrage, intitulé Science, spiritualité et religion, l’auteur décrit, à partir d’une reconstruction historique et de sa propre expérience, la relation entre recherche scientifique et recherche spirituelle.
Le Tao de la physique s’inscrit ainsi dans le catalogue de la maison d’édition aux côtés des autres livres de Fritjof Capra – de La vie et la nature aux Principes systémiques de la vie – enrichissant encore davantage une offre culturelle axée sur l’étude de la nature et l’interconnexion entre tous les systèmes vivants.








